Le sport boules cherche à se faire une place au soleil

Méconnu dans le Sud-Est, où la pétanque et le jeu Provençal dominent, le « sport boules », venu de la région lyonnaise, tente de séduire de nouveaux adeptes.

Si le jeu provençal mais surtout la pétanque règnent en maître au sud de la Loire, le sport-boules (communément appelé « la Lyonnaise ») a quant à elle, conquis l’autre moitié de l’Hexagone. Originellement pratiquée dans les régions de Lyon, du Dauphiné, de Savoie, d’Auvergne, des Pyrénées, et d’Île-de-France, ses adeptes ont désormais fleuri un peu partout sur le territoire.

Le sport-boules ne dépend pas de la Fédération Française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP). Elle possède sa propre fédération : la Fédération française de sport-boules (FFSB) fondée en 1933. La discipline, quant à elle, existe depuis le XVIIIe siècle. Elle est reconnue en tant que sport en 1850.

La FFSB regroupe désormais en son sein la raffa-volo et la boule Bretonne. Elle dispose d’une structure interne similaire à celle de la FFPJP, avec des directeurs techniques nationaux, et s’articule sur le plan local autour des ligues régionales et des comités départementaux.

Pour autant, aucune rivalité ou moins animosité n’existe entre les deux entités qui entretiennent une relation cordiale. « On s’entend bien, on échange beaucoup. On s’invite aux assemblées générales », explique Pascal Hernandez, président du Martigues Sport-Boules et Président du comité de Provence de 2006 à 2013.

Du jeu traditionnel au tir progressif

Les compétitions comprennent deux axes : le jeu traditionnel et les épreuves modernes. Les « traditionnelles » se déroulent en 13 points ou deux heures, voire deux heures et demie selon qu’on joue en tête-à-tête, doublette, triplette ou quadrette. « La partie se termine une fois le temps écoulé sur la dernière mène jouée. Cela peut faire des scores de 5 à 6 », détaille M. Hernandez. Une victoire en quadrette rapporte 6 points, doublette et tête à tête 4 points.

Les épreuves modernes comprennent le tir progressif, le tir en relais et l’épreuve de point dont l’objectif est de toucher un maximum de boules en cinq minutes sur des distances qui passent de 12,80 à 17m.

« C’est l’équivalent en course à 1500m. Il faut conserver son adresse et sa lucidité tout au long de l’épreuve. Cela me fait rire quand j’entends au football qu’un joueur qui a couru dix mètres et qui tire dans les nuages n’avait plus toute sa lucidité. Il faut m’expliquer comment on peut toucher des boules de dix centimètres de diamètre après avoir couru 4 minutes et demie », poursuit le président du MSB.

En relais, l’épreuve se déroule en équipe de deux joueurs. Chacun doit tirer 4 boules sur deux cibles fixes, l’une à 13m et l’autre à 14m, avant de passer le relais. Et ce durant 5 minutes. L’épreuve de point, quant à elle, prend la forme d’un tête à tête où il faut tirer dix boules.

Quatre divisions

Au niveau des compétitions, il existe la D1 « Super 16 » et une D2 à 180 équipes. Vient ensuite la D3 (niveau régional) puis la D4 (niveau départemental).

D’ailleurs, le Martigues Sport boules a été sacré pour la première fois de son histoire champion de France des clubs et doublette de D3 cet été. « Pour se qualifier, il y avait plus de 2000 clubs. Tous peuvent s’y inscrire, c’est un peu comme la Coupe de France. D’abord, il y a des qualifications départementales avec des poules puis régionales et enfin inter-régionales en confrontations directes avec élimination. Ensuite, c’est un système de coupe avec des matchs couperet » souligne le président du Martigues Sport Boules.

Une fusion des Ligues et Comités FFSB et FFPJP ?

Le Sport-boules est à n’en pas douter, une discipline à part entière à l’image du Jeu Provençal et de la pétanque. Et si la FFSB et la FFPJP font partie de la Confédération mondiale des Boules, un rapprochement entre les deux instances n’est pas à l’ordre du jour. Mais deux éléments pourraient venir bouleverser la donne d’ici peu et accélérer le processus.

A commencer par la réforme territoriale accompagnée de la fusion des régions qui va entraîner le même phénomène sur les ligues régionales par effet ricochet. D’ailleurs Pascal Hernandez, candidat à la présidence de l’instance régionale, confie s’être déjà rapprocher de Lucette Coste, la président de la ligue PACA FFPJP, « pour faire quelque chose en commun ».

Second élément clé, les Jeux Olympiques 2024 avec la candidature commune des sports de boules. « Dans la perspective de 2024, on peut tout faire ensemble », conclut-il. Les arguments et les volontés sont là, il ne reste qu’à officialiser la démarche et arrêter une date.

Source : Le sport boules cherche à se faire une place au soleil – Journal La Marseillaise